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Le Japon en plein marasme économique

December 5, 2014 - Commerce et économie

La recette économique du Premier ministre japonais, Shinzō Abe, n’a pas porté ses fruits jusque-là. L’économie de l’archipel a connu une régression lors du troisième trimestre. Or, l’actuel Premier ministre est arrivé au pouvoir il y a de cela deux ans, avec un plan économique que des spécialistes jugeaient crédible et prometteur pour le pays. Mais en même temps, les analystes émettaient des réserves quant à l’efficacité des mesures que Shinzō Abe avait prévues. La raison en est que depuis vingt ans, l’économie japonaise n’est plus au beau fixe. Alors concrètement, qu’est-ce qui va mal au Japon ? Pourquoi le plan économique de Shinzō Abe peine à relancer la croissance ? Quelles mesures ont été prises et quelles sont les perspectives d’avenir du Japon ? Autant de questions sur lesquelles on va se baser pour essayer de comprendre comment le Japon en est arrivé à ce stade.

Shinzō Abe devant un dilemme économique depuis deux ans

Effectivement, le Premier ministre japonais a bien des fois eu à faire des choix délicats. Le premier problème du Japon, ce sont les plus de 70 000 milliards de dollars de dette. Cette dette fait presque deux fois le PIB du pays (Source : rfi.fr). Arrivé au pouvoir, il est évident que la toute première priorité du gouvernement de Shinzō Abe, c’est le redressement des finances publiques. Il a fallu donc augmenter la TVA. Or, cette hausse de la TVA a eu pour conséquence un ralentissement des dépenses des ménages. D’ailleurs, actuellement, le secteur agricole est aussi mal en point. Traditionnellement, ce secteur a toujours été protégé par les gouvernements successifs. Shinzō Abe avait prévu une seconde hausse de la TVA, touchant même le secteur agricole qui fait la force du pays. Mais il la reporte pour une date qui reste encore indéterminée. L’explication n’est pas complexe. Le Premier ministre ne veut pas ralentir les investissements davantage. Le problème, c’est que la première hausse de la TVA n’a pas suffi à amorcer ne serait-ce que l’ébauche d’un redressement des finances publiques. Loin de là ! C’est sans doute la raison pour laquelle Shinzō Abe n’a pas dit qu’il renoncerait à la seconde hausse d’impôt. Il a plutôt parlé de report.

La défiance d’un secteur privé qui n’investit plus

etude de marchéIl existe une grave crise de confiance entre le secteur privé et le gouvernement de Shinzō Abe. Pour le moment, les entreprises ne veulent pas prendre le risque d’entreprendre de grands investissements. Elles ne croient plus vraiment à l’efficacité du plan économique de Shinzō Abe. Cela a en partie causé la récession observée lors du troisième trimestre de cette année. Par ailleurs, les entrepreneurs sont tellement craintifs vis-à-vis de l’économie nationale qu’ils gardent une grande partie de leur trésorerie en cash. Ainsi, les entrepreneurs au Japon, actuellement, ont en leur possession aux alentours de 46 % du PIB national (Source : rfi.fr) alors que par exemple les entreprises implantées aux Etats-Unis ne gardent en cash qu’à peu près 11 % du PIB américain. Donc, l’ingrédient qui manque au plan économique de Shinzō Abe, c’est la restauration de cette confiance perdue.

Mais la tâche sera difficile vu qu’au Japon, l’incitation à l’investissement et le redressement des finances publiques représentent toujours un dilemme extrêmement délicat. Au passage, cette crise de confiance, elle s’observe aussi en France. Comment ne pas remarquer notamment la défiance du MEDEF vis-à-vis de la politique de Manuel Valls. Pas besoin de mener une longue étude de marché pour savoir que la France, certes dans une moindre mesure, connaît une situation assez similaire à celle du Japon : les entreprises rechignent à investir et la compression des dettes n’est pas une tâche facile. Enfin, pour éviter au maximum tout imprévu lors de la création de son entreprise dans ce climat de crise il est important de réaliser un business plan, même si on se lance en tant qu’auto-entrepreneur. Surtout sachant que la relance reste mitigée jusque-là, tant au Japon qu’en France.